Mercredi 18 juillet 2018

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Comment redynamiser les centres-villes ?

La belle salle de l’hôtel Cathédrale à Tournai a accueilli un Parlement des Animateurs du MCC, le 17 mars dernier, à l’invitation de la Ministre Marie Christine Marghem. Au programme, un problème auquel sont confrontés beaucoup de responsables communaux : comment redynamiser les centres-villes ?

Lors du la conférence organisée à Tournai en mars 2018, plusieurs intervenants ont apporté leur expérience du terrain et leurs conseils en matière de gestion dynamique des centres villes.

Monsieur Vincent Van Quickenborne, actuel bourgmestre de Courtrai, a expliqué la démarche que les autorités de sa ville ont adoptée il y a déjà une vingtaine d’années et qui est toujours en cours aujourd’hui. Il a détaillé, projet par projet, quartier par quartier, les différentes étapes du renouveau de Courtrai : depuis la rénovation du quartier des rives de la Lys, l’installation d’un centre commercial au centre de la ville, l’installation d’un musée dans un bâtiment industriel, la restructuration du quartier de la gare, jusqu’à la création d’un incubateur de start-up, etc.

Pour lui, trois éléments sont essentiels pour redynamiser une ville :

Il faut de l’investissement : quand on investit dans l’espace public, l’investissement privé suit. C’est ce qui s’est passé entre autres autour des berges de la Lys.
Il faut, en second lieu, créer du lien : les gens doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble. Dès lors, Courtrai a beaucoup investi dans les comités de quartiers.
Il faut enfin de la créativité. C’est ainsi que la ville a mis en place toutes sortes de solutions numériques innovantes. Par exemple, le système « Shop & go » qui permet aux utilisateurs, grâce à des « senseurs » installés au sol, d’être informés sur leur smartphone de l’endroit où se trouvent les places de parking libres et de pouvoir s’y garer gratuitement pendant 30 minutes. Autre exemple : l’instauration d’un numéro de téléphone unique pour tous les services au public : le 1777. Etc.

Dominique Riquet, député européen, ancien bourgmestre de Valenciennes, a ensuite fait part de son expérience à la tête d’une ville qui a traversé une période très difficile lorsque les usines sidérurgiques et métallurgiques ont fermé leurs portes. « On ne peut pas redresser une ville si on ne redresse pas son économie, a-t-il expliqué. Au début des années nonante, nous avons trouvé une ville en déshérence. En 25 ans, nous avons créé environ 45.000 emplois ».

« Je vais exposer ici les éléments essentiels qui permettent de redonner de l’attractivité aux centres-villes, explique-t-il, mais, avant de commencer, je voudrais insister sur ce point :  il faut savoir que TOUT compte, il faut TOUT faire en même temps, si un élément est manquant, alors, ça ne fonctionne pas. »

Son discours s’est articulé autour de six grands axes :

  • La mobilité. La ville doit être accessible en transport en commun à un prix abordable. Il faut une bonne desserte, sur des sites multimodaux. Les transports en commun doivent être installés en site propre, ils doivent être sécurisés et les arrêts doivent être bien aménagés et protégés. Pour les voitures, il faut prévoir un plan de circulation global, pas seulement pour le centre. Il faut respecter les axes structurants de la ville. La signalétique est importante. Et les parkings aussi, bien sûr. Ils doivent être très accessibles et pas trop chers. La gratuité pour les durées courtes doit être prévue.
  • Le logement. Il faut avoir des habitants au centre-ville. Donc, il faut lutter contre les logements vacants. Pour les logements existants, la qualité n’est pas souvent au rendez-vous (pas d’ascenseur, pas ou peu d’isolation, …), il faut donc adapter ces logements à la vie moderne.
  • Les services. La densité des services, c’est le gros avantage du centre-ville. Il faut donc des écoles, des équipements sportifs, culturels, des services sanitaires au centre-ville. Et la qualité des télécoms doit aussi être suffisante.
  • Les commerces. C’est un des éléments de l’attraction de la ville mais pas le seul. En cette matière, la concentration, la qualité, la créativité et la continuité sont importantes. Il faut lutter contre les emplacements vacants. Des commerces de bouche sont indispensables, ainsi que des lieux de convivialité, comme les bistros ou les salons de thé.
  • Le cadre urbain. La ville doit être vue comme une promenade agréable. Les places doivent être dégagées et les perspectives doivent être respectées. Il faut amener la nature en ville et prévoir des espaces verts. La ville doit être aussi belle de jour que de nuit, donc l’éclairage doit être adapté. Enfin, la sécurité est essentielle (vidéosurveillance et présence policière suffisante).
  • L’animation. La ville doit être vue comme une fête. Pour cela il faut organiser de grandes manifestations au centre-ville mais aussi de petites fêtes de quartier

« A Valenciennes, déclare Dominique Riquet pour terminer son intervention, nous avons mis 25 ans pour transformer la ville. Dans les villes ´pauvres’, c’est plus difficile. Nous avons dû chercher beaucoup d’argent à l’extérieur et faire appel à diverses sources de financement. Mais l’argent n’est pas tout, ajoute-t-il. Pour réussir, il faut aussi susciter l’enthousiasme des habitants. »

 

Madame Paula Cordeiro, architecte-gestionnaire à la ville de Bruxelles, en charge du site de la Grand-Place (Patrimoine Mondial de l’UNESCO), a ensuite expliqué comment les autorités communales bruxelloises essaient d’organiser une cohabitation harmonieuse entre commerces, tourisme et habitat dans la zone spécifique qui entoure la Grand-Place de Bruxelles. Un plan de gestion du site de la Grand-Place a été établi. Différents îlots d’habitations ont été restaurés en profondeur. Pour ce qui concerne les commerces, on peut constater qu’il y a plein de logements vides au-dessus des commerces et, depuis les attentats, il y a de plus en plus de surfaces commerciales vides. De nouvelles enseignes sont donc recherchées et des occupations temporaires sont encouragées à des conditions très intéressantes.

 

Les conclusions de la journée ont été tirées par la Ministre Marghem. A Tournai, il y a en effet pas mal de pain sur la planche ! Il y a déjà eu une rénovation en piétonnier mais les choix qui ont été faits n’ont pas été judicieux. Le piétonnier a aboli les trottoirs, le stationnement. Les axes structurants n’ont pas été respectés. On a voulu rendre hommage à la pierre du pays avec, pour résultat, de supprimer la verdure. Il reste aussi pas mal de chancres dans la ville. De plus, c’est une ville de patrimoine, donc il y a plus d’exigences à respecter.

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