Dimanche 25 octobre 2020

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Deprez: « La N-VA ne demandera pas une 7e réforme de l’État »

« Je considère qu’il est indispensable de maintenir, en Belgique, un chef de l’Etat qui se place au-dessus de la mêlée. […]
Je suis radicalement opposé à toute modification des prérogatives du chef de l’Etat. »


Vous avez connu une époque, pas si lointaine, où les francophones n’étaient demandeurs de rien. A présent, les mêmes francophones saluent la 6e réforme…

Nécessité fait loi. Il est vrai que les francophones n’étaient demandeurs de rien. Mais s’ils ne répondaient pas à un minimum de demandes formulées par les Flamands, majoritaires, on était dans un blocage politique et institutionnel total. On faisait courir un risque à l’Etat. Ce que les francophones ont fait, ont dû faire, c’est accepter la scission de BHV – avec de solides compensations -, une extension considérable des compétences des entités fédérées et une plus grande responsabilisation des entités fédérées.

Le point d’équilibre est-il atteint ? La Belgique fonctionnera-t-elle mieux ?

La Belgique atteint, à intervalles réguliers, des « paliers d’équilibre ». Mon expérience me conduit à penser que le nouvel équilibre atteint durera un certain temps… Et puis, au fur et à mesure, il apparaîtra qu’il faut remettre en négociation ce qui a été acquis.

Vous avez pourtant, par le passé, négocié un accord intitulé « Dernière phase de la réforme de l’Etat »…

… (Rires). Oui. Mais celui qui croit qu’on est arrivé à la dernière phase, se trompe.

Que restera-t-il alors de la Belgique ?

On nous a dit cela à chaque fois : que c’était la limite au-delà de laquelle il ne faut pas aller, sinon la Belgique n’aura plus aucun sens. Je ne suis pas demandeur, mais quand je regarde le fonctionnement d’autres Etats fédéraux, les Etats-Unis, d’autres choses peuvent encore être transférées…

Exemples ?

Je ne veux pas donner des idées à ceux qui sont en face…

Pourquoi, alors, ne pas s’inscrire dans la logique de Bart De Wever : l’Article 35. On délimite les compétences fédérales, toutes les autres vont aux entités…

Les francophones ne le veulent pas. Car si le rapport de force, en Flandre, est favorable aux plus nationalistes et aux séparatistes, il est clair qu’il n’y aura plus, au terme du processus, qu’une coquille vide.

L’autonomie fiscale est amplifiée : n’y a-t-il pas un risque que les Flamands réduisent les impôts et augmentent les prestations sociales et que les francophones fassent l’inverse ?

Une balise théorique doit empêcher la concurrence fiscale déloyale. Et rien n’indique que la rage taxatoire va déferler du côté francophone.

Cette nouvelle loi de financement a permis de corriger la précédente version que vous aviez bâclée en 1988…

Je n’accepte pas ce que vous dites… Nous avions commis une erreur, je l’ai toujours reconnue, concernant le financement des Communautés. Pour les Régions, la loi n’était pas si mauvaise.

Pour que cette 6e réforme fonctionne, il faut que tous les acteurs s’inscrivent dans cette dynamique positive, ce fédéralisme de coopération. Mais en Flandre, le premier parti, la N-VA combat ce principe…

Je vous demande d’être plus circonspect. J’ai toujours dit que la N-VA ne demanderait pas une 7e réforme de l’Etat tout simplement parce qu’ils ne trouveront pas de partenaire pour la négocier et la mettre en œuvre du côté flamand. Car, pour les partis flamands, cela reviendrait à dire : on est bête, il faut une septième parce que la sixième n’est pas bonne… Bart De Wever a donc trouvé le subterfuge : il veut procéder à partir de l’Article 35. Mais cela ne donnera rien.

Le discours de la N-VA évolue chaque jour…

En effet. Et je vous fais remarquer que la N-VA n’a pas de comportement sensiblement différent des autres partis flamands. Le Centre pour l’égalité des chances va être remplacé par un Centre interfédéral grâce à un accord entre le gouvernement fédéral et les entités fédérées. La N-VA ne s’est pas opposée à cela.

La N-VA devient donc modérée ?

Non, je ne dis pas cela. Mais elle commence à se rendre compte des limites du jeu dans lequel doit s’inscrire son action. Et elle n’a pas de partenaires flamands ou francophones pour aller plus loin.

On a tort de s’en méfier ?

Je ne dis pas cela. Car l’expérience m’apprend qu’une revendication flamande forte finit toujours par être reprise sous une forme atténuée par d’autres forces politiques.

 

Gérard DEPREZ interviewé par « La Libre » le 13 juillet 2013

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