Jeudi 26 novembre 2020

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Enseignement

Face au nombre important de métiers en pénurie, comment orienter les jeunes vers des filières scientifiques et techniques ? Le Parlement des Animateurs, réuni à Tournai le 16 mars dernier, a tenté d’apporter des réponses à cette  question cruciale pour l’avenir de notre pays.

Près d’une quarantaine d’animateurs du MCC, venant principalement de la région du Hainaut occidental mais également d’autres coins de Wallonie ainsi que de Bruxelles, se sont retrouvés ce samedi 16 mars à l’Espace Wallonie picarde à Kain pour venir débattre, dans le cadre d’un Parlement des animateurs, de la thématique portant sur

l’adéquation la meilleure possible entre les formations techniques et professionnelles assurées par le monde de l’enseignement technique et professionnel et les besoins du monde de l’entreprise.

Force est de constater, au vu de ce qui se passe tant en Région wallonne qu’à Bruxelles, que cette thématique est cruciale et cardinale face aux fermetures, restructurations voire délocalisations touchant aussi bien les petites, moyennes ou grandes entreprises avec les conséquences désastreuses sur le plan humain, social et économique que cela entraîne.

Face à pareille situation et face à une concurrence de plus en plus grande, les chefs d’entreprise se doivent de pouvoir compter sur un personnel qui soit le mieux formé possible et qui puisse apporter ainsi une plus-value essentielle au bon fonctionnement, au dynamisme et au rayonnement de l’entreprise vers l’extérieur.

Pour pouvoir en débattre, le MCC avait invité des orateurs qui, en tant qu’acteurs de terrain privilégiés, ont pu, dans le cadre de leur exposé introductif et sur base de données dont ils disposaient, émettre également des considérations personnelles quant à la politique à mener sur cette thématique face à la situation telle qu’elle existe aujourd’hui.

Les orateurs invités étaient Laura Beltrame, conseillère du département Emploi-Formation de l’UWE et représentante patronale au comité de gestion du Forem ; Michel Foucart, fondateur et président du groupe Technord ; Xavier Robben, directeur de l’Institut technique libre de Ath  et Patrick Demeulenaere, directeur du département technologie informatique et électromécanique de l’HelHa (Haute Ecole Louvain en Hainaut), site Don Bosco.

S’exprimant à titre personnel, ils ont, sur base de constats qu’ils ont dressés ou à l’appui de données se retrouvant dans l’une ou l’autre étude dont ils ont fait mention, faire part de certaines pistes à explorer qui pourraient être suivies.

Nous nous proposons, tant le débat entre orateurs invités et participants a été très riche, de reprendre, sur base des documents qu’ils nous ont présentés en slideshow, les éléments essentiels qui ont alimenté cette rencontre-débat.

Des constats

Au niveau du monde de l’entreprise

  • trop grand nombre encore de jeunes sans qualifications
  • 80% de l’emploi exercé en Belgique nécessite des travailleurs moyennement et hautement qualifiés tandis que 80% des demandeurs d’emploi sont faiblement ou moyennement qualifiés (cf étude BNB, sept 2012)

  • ½ des entreprises ne sont pas conscientes qu’à l’avenir elles auront des problèmes de recrutement (cf étude Federgon, mars 2012)

  • les entreprises pensent de plus en plus en termes de compétences plutôt qu’en termes de diplômes et elles recrutent via des candidatures spontanées, en direct et par intérim (cf étude Federgon, mars 2012)

  • en raison des pénuries en matière de recrutement, 25% des entreprises ont externalisé et 30% envisagent de cesser une partie de leurs activités (cf étude Federgon, mars 2012)

  • les postes les plus difficiles à pourvoir : techniciens (maintenance, production, …), ouvriers qualifiés (soudeurs, maçons, électriciens, ..), ouvriers non qualifiés (cf étude Manpower, 2011)

  • les raisons des difficultés en matière de pénurie de talents (10% : manque de compétences sociales, 20% : salaire proposé en inadéquation avec les attentes du candidat, 21% : manque de candidats, 36% : manque d’expérience, 39% : manque de compétences techniques) (cf étude Manpower, 2011)

  • les professions les plus attrayantes sont liées au salaire proposé (cf étude Manpower, 2011)

  • coûts salariaux euros/heure en Belgique plus hauts que ses concurrents directs (pays avoisinants)

Au niveau du monde de l’enseignement

  • stagnation voire baisse du nombre d’étudiants dans certains secteurs/filières d’activités, or la demande en main d’œuvre qualifiée est importante dans ces secteurs/filières
  • méconnaissance de certains professeurs de l’enseignement général des filières existantes et des grilles de cours dans l’enseignement qualifiant
  • méconnaissance d’un trop grand nombre d’élèves sur ce qu’offre l’enseignement technique et professionnel

  • image parfois encore trop stéréotypée voire négative à l’égard de l’enseignement technique et professionnel

Des remèdes/pistes à explorer

Au niveau du monde de l’entreprise

  • investissements immatériels majeurs à soutenir et à encourager encore plus, à savoir la formation continue ainsi que l’innovation et la créativité

  • pour créer et maintenir le plus grand nombre d’emplois dans le secteur privé, il convient de développer et soutenir des partenariats essentiels entre écoles, associations de parents, syndicats, entreprises privées, institutions publiques et monde politique
  • former les demandeurs d’emploi en priorité dans les métiers en pénurie et faire en sorte de prévoir d’augmenter dès lors les classes dans le secondaire pour ces mêmes métiers

  • orienter les jeunes vers les filières scientifiques et techniques, sinon la pénurie en ce domaine continuera à être structurelle. Pour ce faire, nécessité d’analyser le choix d’orientation des jeunes et de leur entourage pendant leur parcours scolaire

  • pour des PME, faire rapprocher la logique économique et la logique sociale en pérénisant au maximum la communauté de travail où chacun des travailleurs peut s’épanouir. Pour ce faire, les valeurs de confiance mutuelle, de dialogue, de respect de l’autre et de bon sens doivent toujours être de mise pour créer ainsi un climat favorable et donc profitable au plus grand nombre
  • éviter une trop grande bureaucratisation des différents outils mis en place

  • essayer de trouver des formules, secteur par secteur d’activités, pour faire en sorte de diminuer le coût du travail

Au niveau du monde de l’enseignement

  • travail de collaboration avec les différentes écoles d’une même région en recourant à des soirées d’information communes, des présentations voire des journées pédagogiques communes

  • travail sur l’image de marque de l’école afin de combattre une certaine image stéréotypée voire négative qu’a encore chez certains l’enseignement technique et professionnel

  • confronter le plus rapidement possible les étudiants de l’enseignement technique et professionnel aux réalités de la profession par des stages en entreprises et le développement de l’alternance

  • travail en collaboration avec l’IPIEQ (Instance de pilotage interréseaux de l’enseignement qualifiant) avec pour objectif le redéploiement plus efficient de l’offre d’enseignement qualifiant dans une perspective de développement régional. Pour ce faire, il convient de mettre en place des incitants aux écoles pour développer des actions visant à optimiser l’offre de formation en phase avec les tendances de développement économique sous-régionales et régionales

  • mise en place de la CUAA (certification par unités d’acquis d’apprentissage) dans le but de valoriser les acquis plutôt que de sanctionner les échecs

  • mise en place du SFMQ (Service francophone des métiers et des qualifications) dans le but de réaliser des profils de métiers qui traduisent la réalité économique ainsi que des profils de formation articulés aux profils de métiers. Pareille politique aurait comme objectif également de doter les opérateurs de l’enseignement et de la formation de profils de fonction communs et de permettre la mise en place de passerelles garantissant la prise en compte des acquis de chaque apprenant
  • importance à accorder aux CTA (Centres de technologies avancées)

  • stages/recyclages de longue durée pour les enseignants

  • accès des hautes écoles techniques aux centres de compétences

  • financement éventuel des hautes écoles techniques en enveloppe fermée

Compte rendu : Pascal Duchenne

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