Dimanche 25 octobre 2020

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La Belgique face à l’immigration : forteresse ou passoire ?

Comment gérer l’immigration ? Quel pourrait être le bon dispositif ? Et comment l’organiser ?

On pouvait s’attendre à un débat serré et vif entre Frédérique MAWET, directrice du CIRE, et Denis DUCARME, député fédéral, et c’est bien ce à quoi on a assisté. Le samedi 22 février à l’ULB, la Régionale de Bruxelles avait en effet invité les deux orateurs à débattre, avec l’aide judicieuse d’un modérateur en la personne de Paul GERMAIN, rédacteur en chef de TV5monde.

Frédérique MAWET avait choisi de démarrer le débat en mettant en cause « Frontex » d’emblée, l’agence européenne chargée de coordonner la gestion des frontières extérieures de l’UE, qui, déclare-t-elle, est attaquée en justice parce qu’elle n’est pas venue en aide à des personnes en danger qui tentaient d’atteindre le territoire de l’UE. Si les gens ne mettent pas leur vie en danger, explique F. Mawet, ils ne parviennent pas à introduire une demande d’asile. C’est une situation tout à fait inacceptable. D’autre part, les demandeurs d’asile peuvent se retrouver emprisonnés dans des centres fermés et ce jusqu’à une durée de 18 mois. Cela non plus, ce n’est pas acceptable car ils n’ont commis aucun crime !

Denis DUCARME quant à lui, ne voit pas le rôle de Frontex de manière négative : « Au-delà de son rôle de police, Frontex vient en aide aussi à des personnes en danger. Son rôle est très délicat. A partir du moment où ils sont secourus, les migrants peuvent effectivement produire leur demande d’asile. Je pense que ce n’est pas la bonne manière de procéder : se mettre en danger de manière volontaire, il faut dire non à ce genre de pratique. Selon moi, tous ceux qui entrent de cette manière doivent être secourus puis refoulés. Il faut de l’empathie, certes, mais nous avons aussi des règles, et un ordre à tenir. Nous sommes une terre d’accueil, certes, mais pour le rester il nous faut des règles. » Selon Denis Ducarme, « notre pays prend sa part en terme d’asile : nous sommes le 4ème pays européen en terme d’asile en 2012. Pour ce qui est des pays d’origine dits « sûrs », nous menons une politique ferme, mais nous restons bien sûr à l’écoute de situations particulières. »

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Fred Mawet rappelle quelques chiffres très parlants.
En 2013, il y avait dans le monde 740 millions de personnes qui ont dû fuir leur pays. 45 millions ont subi un déplacement forcé et, sur ces 45 millions, moins d’un million ont demandé l’asile. En Belgique, 15.840 personnes ont demandé l’asile en 2013 et 25% d’entre elles l’ont obtenu. Elle déplore les pratiques restrictives de la politique actuelle en matière d’immigration et se demande quel sens a ce type de politique. Pourquoi bloquer l’immigration ? Pour rassurer la population ? Pour conserver notre identité nationale ? Elle souligne l’absurdité qu’il y a à limiter exagérément les régularisations : « Aujourd’hui, on régularise tellement peu qu’on a un stock de demandeur qui grandit et grandit sans arrêt. A un certain moment, on doit faire une grande opération de régularisation. Et cela crée un appel d’air ! Alors, quel sens cette politique a-t-elle ? Il faudrait procéder à une évaluation sérieuse de cette politique! »

Daniel Ducarme voit les choses tout à fait autrement et estime que « nous avons été trop laxistes par le passé (regroupement familial, asile médical, aide financière, ….), tout cela a produit des appels d’air. Pendant des années on a envoyé le message selon lequel la Belgique accueillait et aidait financièrement les arrivants. Aujourd’hui cela a changé mais il faudra un certain temps avant que le message passe ».
Fred Mawet fait aussi remarquer que la Belgique a une mauvaise note en matière d’intégration des étrangers au marché du travail. Elle souligne que le CIRE milite pour une politique de l’intégration des migrants mais qu’il faut constater qu’en matière d’enseignement, beaucoup reste à faire : le français n’est pas suffisamment maîtrisé.
Là-dessus, un consensus se dessine. « Il est important, précise Denis Ducarme, que le « parcours d’intégration » des primo-arrivants comprenne l’apprentissage de la langue et des valeurs qui fondent notre société. Et les projets développés par le CIRE dans ce domaine sont très intéressants. »

Après cet échange d’arguments, vif mais toujours courtois, la parole est donnée à l’assistance.
Les interventions sont nombreuses et souvent très concrètes, en particulier dans le chef de mandataires communaux, de présidents de CPAS expliquant les difficultés auxquelles ils doivent directement faire face pour l’accueil des primo-arrivants.
Philippe Gilliot, coordinateur de la Régionale de Bruxelles conclura les travaux en remerciant les orateurs et le modérateur pour la qualité de leurs échanges et en se félicitant de la capacité du MCC à organiser des débats aussi sensibles dans une atmosphère de respect mutuel et de rigueur intellectuelle.

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